LA LIBERATION DE LA DRÔME

Dieulefit et Saint-Donat, terres de refuge

Village de 3500 habitants, Dieulefit devient pendant la guerre un lieu de refuge pour plus de 1500 personnes : réfugiés espagnols, Juifs, intellectuels et artistes français et étrangers dont Clara Malraux et Pierre Vidal-Naquet.
Marguerite Soubeyran crée en 1917 dans le quartier de Beauvallon une pension qui servira de lieu de refuge dès 1940 pour des artistes et des intellectuels. Elle fonde aussi avec Catherine Kraft l’école de Beauvallon  qui accueillera à l’été 1941 des enfants juifs, des enfants de résistants et d’intellectuels qui auront comme enseignants des Juifs exclus des écoles françaises, des Allemands anti-nazis, des intellectuels réfugiés. En 1940, Pol Arcens crée l’école secondaire, la Roseraie, qui sert également de refuge pour les Juifs. 
Située dans la Drôme des Collines, Saint-Donat est un lieu de résistance actif autour de Jean Chancel. De juillet 1943 à septembre 1944, Louis Aragon et Elsa Triolet, sous le nom d’Elysabeth et de Lucien Andrieux,  se cachent tout en poursuivant leur activité littéraire et militante, notamment par la création du Comité national des écrivains de la Zone sud, l’édition du journal La Drôme en armes… Le 15 juin 1944, une expédition punitive est lancée sur Saint-Donat. Les deux écrivains ont juste le temps de s’enfuir dans les collines.

Témoignage de Marguerite Soubeyran
La Drôme en Armes 1944, CP 324/1